2025, broderie sur nappe ancienne, 79 x 84 cm.

« Viandes » joue sur l’ambivalence entre le festin et l’abattoir. La nappe devient une archive silencieuse de la carcasse, vestige de l’animal. Fleurs et dépouilles se côtoient dans un symbole de vie et de deuil. Lieu de passage entre le vivant et l’inerte, l’abattoir marque la transformation de l’animal en viande, du corps en matière. Les figures spectrales apparaissent comme un écho à ce qui reste caché ou oublié : les corps sacrifiés pour nourrir nos tables. Elles illustrent l’invisibilisation de la mort animale résultant de l’évolution du rapport à l'animal, concomitant et conséquent au passage de la paysannerie à l'industrie agroalimentaire. L’oeuvre est ici le support d’un contraste troublant : la blancheur de la nappe et la multiplicité de la couleurs de fleurs se confrontent à l’imaginaire sensoriel des chairs dépecées, leur odeur, l’omniprésence de la couleur rouge et la texture poisseuse du gras.
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